L'histoire commence au IXème siècle avec deux ermites. 

Un certain Dadon se serait retiré à cet endroit et, peu après son installation, selon une charte datée de 819, « un homme plein de piété nommé Medraldus vint se retirer dans le même lieu et vécut avec Dadon. La renommée de leur sainteté se répandit dans les pays voisins. Alors, plusieurs autres, se sentant attirés par la même vie contemplative, résolurent de l'embrasser à leur tour. La troupe pieuse s'accrut peu à peu, et ils élevèrent dans ce lieu une église dédiée au Saint-Sauveur".

Une fois la mission accomplie, Dadon repartit vivre en solitaire, après avoir confié la direction du premier monastère, qui suivit la règle de Saint Benoît, à son premier disciple, Meldradus.

Les souverains carolingiens, dont Louis le Pieux, fils de Charlemagne, Pépin II, roi d’Aquitaine, multiplièrent les donations en or, en terres, permettant l’essor du monastère et, par la même occasion, de la vie sociale qui s’est développée près de ses murs.

 

Au Xème siècle, avec l’essor du pèlerinage vers St Jacques de Compostelle, Conques fut choisie comme ville d’étape sur le chemin partant depuis le Puy-en-Velay. Après l'an Mil, le Livre des miracles de Sainte-Foy révèle l'existence d'une «ville importante, assise sur la colline au-dessus du monastère». En effet, ce dernier était devenu entre temps un pôle d'attraction pour les habitants de la région. Non seulement ses moines offraient un marché appréciable, mais le courant commercial né du pèlerinage, avec sa clientèle sans cesse renouvelée, ne pouvait qu'encourager le peuplement.

 

Conques trouva son apogée au XIIème siècle et comptait approximativement 3000 habitants. Puis les tourmentes de l’Histoire le menèrent peu à peu sur la pente du déclin. Les protestants l’incendièrent en 1568, détruisant une partie du bourg. La famine, les épidémies se succédèrent et la peste de 1628 fut meurtrière. Le registre des enterrements de l’an 1694 signale une nouvelle vague de mortalité suite à une série de mauvaises récoltes.

 

A la veille de la révolution de 1789, il n’y aurait plus que 630 habitants, des vignerons, des ouvriers agricoles et des mendiants. La révolution apporta le coup de grâce à Conques lorsque l’Assemblée Constituante vota la suppression des ordres religieux.

 

Menacée d’effondrement, l’abbatiale sera sauvée in extremis en 1837 grâce à l’action de l’écrivain Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments Historiques. Les Pères Prémontrés s’installeront à Conques et un vaste programme de restauration sera mis en œuvre. Depuis lors, Conques vit du tourisme et de sa position en tant que chef-lieu de la région. Mais malgré le tourment des siècles, la première impression du voyageur est celle d’un joyau enchâssé sur les flancs d’un relief rocailleux. C’est celui d’un voyage dans un autre temps, avec ses ruelles pavées, ses maisons en colombages et son abbatiale qui respire le recueillement.

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